Toulouse-Euro-Sud-Ouest sur les rails

29.06.13 – À la veille de l’annonce du maintien de la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse, tout les acteurs étaient au rendez-vous pour présenter au demi-millier de spectateurs les grandes lignes du projet ToulouseEuroSudOuest ce jeudi 26 juin, aux espaces Vanel. Voici le résumé de la conférence.

Conférence, 18h30. Etaient présents, de gauche à droite : Mr A. Gabrieli vice-président du Conseil Général de la Haute-Garonne, Mr A. Crocherie représentant de l’Etat, Mr P. Cohen maire de Toulouse et président de Toulouse-Métropole, Mr M. Malvy président du Conseil Régional , Mr P. Meyer directeur régional SNCF Midi-Pyrénées, Mr J. Busquets architecte – urbaniste en charge du projet d’aménagement du centre-ville, Mr A. Garès directeur général de la SPLA Grand Toulouse, Mr O. Duvernois directeur de projet pôle Matabiau.

Matabiau, état des lieux

Martin Malvy explique l’augmentation de l’offre des trains régionaux et de l’évolution du trafic ferroviaire : « [Trains régionaux] en 2002, avant la décentralisation du TER, il y avait en Midi-Pyrénées 156 dessertes par jour. Aujourd’hui, nous sommes à 346 dessertes quotidiennes. En 2002, 5 millions de voyageurs par an, il y en a aujourd’hui 12 (millions). A horizon 2020, dans les dix ans qui viennent, 20 millions (de voyageurs). » Il n’oubliera pas de mentionner l’effort de la région pour parvenir à l’amélioration du service TER « Sur les 400 trains, il y a 250 trains régionaux. Le plan rail, le plus important chantier de france, 820 millions d’euros d’investissement »

Plus tard dans la séance nous apprendrons les estimations futures :

2009 : 40 000 pax/j et 9,3 millions/an

2025 : 80 000 pax/j et 17,7 millions/an

2035 : 100 000 pax/j et 21,8 millions/an

Martin Malvy poursuit : « En 1998, la ligne Toulouse-Colomiers-Auch était condamnée. Aujourd’hui nous avons 47 trains dans chaque sens, tout les jours, qui passe à Colomiers. Un vrai RER. » Avant de conclure sur l’interêt du projet Matabiau : « En dehors de la LGV, il y a un accroissement du trafic. Il faut que nous parvennions (avec le département, la ville de Toulouse) à la multimodalité. C’est notre objectif.« 

Un projet réaliste, mesuré

« Nous souhaitons être maître du jeu pour le projet« , c’est en ces termes que le maire de Toulouse Pierre Cohen a tenu à clarifier ses intentions. Dans l’attente du rapport de la Commission Mobilité 21 dont la décision du maintien de la LGV Bordeaux-Toulouse s’opérait le lendemain, le maire a confirmé que le projet Matabiau se réaliserait sans en dépendre de la ligne à grande vitesse. Cependant, bien que son discours soit tempéré, il précise : « La décision a été prise il y a très longtemps d’essayer d’obtenir […] l’arrivée de la LGV à Matabiau. » La ville et la région Midi-Pyrénées auront ardement défendu ce dossier, dernièrement rassurés par le premier ministre Jean Marc Ayrault.

Matabiau sera plus que jamais le centre névralgique de l’intermodalité des transports en commun toulousain : « D’avoir un coeur de réseau régional à Matabiau, d’être un lieu de l’interurbain départemental, d’avoir des projets aujourd’hui avec le métro, demain un tramway le long du canal qui permettrait d’être dans la construction d’un maillage du réseau des transports en commun de l’agglomération . »

Avant de se donner les perspectives urbaines autour de ses fonctions, il aura fallu 22 études* pour valider la faisabilité, son dimensionnement.

« D’avoir une vision à moyen long terme, jusqu’en 2030, la capacité de maîtrise. » poursuit-il

Il souligne la necessité de ce projet afin de rendre la gare Matabiau fonctionnelle et moderne : « La gare doit être transformée, sa transformation entraine des fonctionnalités que l’on ne prévoyait pas il y a 50 ans, 20 ans, d’avoir dans ses flux très importants de personnes des fonctionnalités de commerces, de services. »

Le projet Matabiau se résumera ainsi : « La plateforme multimodale est réaliste, faisable et peut avoir des ambitions avant l’arrivée de la LGV« .

Quant au projet urbain ToulouseEuroSudOuest et l’emergence possible d’un quartier d’affaires à Matabiau, au jeu des questions/réponses il recadrera : « Avant de penser à un quartier d’affaires, on souhaite surtout  préserver une véritable mixité sociale et opérer une veille foncière […] éviter que la ville ne soit à terme victime de spéculation foncière ». Et de conclure « Pour moi, ce n’est pas un but en soi. L’attractivité des grandes entreprises ne se décide pas. On ne va toutefois pas les bouder quand on voit les bénéfices d’Airbus pour la ville ».

Ces 22 études ont été organisées en trois volets :
  • 1er volet en 4 grandes thématiques : Fonctionnalités ferroviaires, l’Intermodalité, l’accessibilité, la programmation urbaine.
  • 2ème volet : Schéma Directeur ferroviaire et du pôle d’echanges multimodal
  • 3ème volet : Projet urbain, l’articulation du projet et son intégration dans le centre-ville.

Méthodologie et cohérence

« Un projet d’une telle ampleur, il faut le maîtriser et il faut savoir comment le mener. Si il n’est pas maîtrisé, il peut y avoir des évolutions qui peuvent déséquillibrer la ville, l’agglomération […] . Ce projet doit être complémentaire de l’hyper-centre, du centre ville. Quelle erreur ( à propos des quartiers Raynal, Belfort, CEAT Jolimont… ) de concevoir un projet qui ne soit pas à la fois construit avec ce qui existe autour mais aussi avec la dynamique qui va se construire autour de la plateforme multimodale. Réhabiliter, rénover, recréer un certain nombre de quartiers. » Propos de Pierre Cohen sur l’intégration de cinq quartiers dans un vaste périmètre d’étude de 400 hectares du projet TESO, avant d’ajouter « Ce n’est pas complètement arrêté au sens de la méthodologie.« 

Préemption

Les actions foncières : concerne l’avenue de Lyon, Cheminot. La collectivité préempte systématiquement ou rachète les biens des vendeurs volontaires.

Les veilles foncières : périmetre large s’étendant entre Bayard/Belfort, 10Avril, Périole. Les lieux stratégiques sont privilégiés

Trente acquisitions dont 7 en 2011 et 23 en 2012.

En 2011, préemption à 85% et en 2012, acquisition à 52%

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